Poésie — par Hervé COULIBALY
Que devient donc l’humanité si la Liberté est devenue une exception et le liberticide la règle ? Que devient un pays si l’espoir s’enfuit pour se résigner dans l’injustice ? Que devient un pays si la parole se mue en silence et la peur se terrorise pour devenir son propre chaos ? Que devient un peuple qui se fait peur pour se soulager dans l’asile de l’ignorance ? Que devient un peuple qui, pour s’oublier, oublie l’essentiel pour se remémorer la concupiscence, les jeux, la dépravation, l’inessentiel et la contingence ?
Il n’y a que la poésie pour décrire l’indescriptible, pour comprendre l’incompréhensible, pour dire l’ineffable, pour embaumer le laid, pour faire marcher le paralytique, ouvrir les yeux de l’aveugle, soigner le tympan du sourd, faire parler le muet et donner la main au lépreux pour battre le tam-tam de l’honneur, de la dignité, de la Liberté et de l’Espoir. Le poète est cet homme nouveau qui appelle, rappelle et interpelle le peuple, son peuple. Dans son délire ensanglanté, il enflamme sa plume, il ensanglante la conscience inconsciente, endormie, pour la réveiller de sa profonde torpeur.
Prof. Samba Diakité